10 tendances technologiques qui dessineront l’année 2018

Actualité
16 août, 2018
Article de Johan Paulsson, Directeur de la technologie, Axis Communications

« Rien n’est permanent, sauf le changement », tels sont les mots du philosophe grec Héraclite. Et cela se vérifie sans mal pour toute personne qui travaille dans un domaine en lien plus ou moins étroit avec la technologie (ce qui est le cas du plus grand nombre aujourd’hui). La cadence des innovations technologiques est telle que même le plus fantastique futur que vous pourriez imaginer ne serait peut-être pas si loin de la réalité.

Puisque les technologies actuelles atteignent un certain degré de maturité, que des évolutions imprévues voient le jour encore plus rapidement et que les innovations traversent les frontières entre la maison et l’entreprise, il est impératif que nous continuions à rechercher celles qui pourront apporter de la valeur ajoutée à notre activité, mais aussi à celle de nos clients.

Avec l’année 2018 en ligne de mire, mes collègues et moi-même avons travaillé à identifier quelques tendances susceptibles d’avoir un impact sur notre activité et sur notre secteur en général.

 

1. Passage à la périphérie

Au cours des dernières années, deux tendances ont trouvé leur place dans notre quotidien : le cloud et l’Internet des Objets. Ces technologies ont offert aux entreprises comme aux consommateurs des avantages indéniables. Mais il y a un revers à cette médaille : la croissance phénoménale des données transférées depuis les appareils connectés vers les centres de données pour le traitement et le stockage, mais aussi la bande passante que toutes ces actions nécessitent. L’informatique en périphérie de réseau résout ce problème en réalisant le traitement des données à la « périphérie » du réseau, à proximité de la source des données. Ce fonctionnement réduit significativement la bande passante nécessaire entre les capteurs et appareils, d’une part, et les centres de données, d’autre part. L’informatique en périphérie semble d’autant plus intéressante pour tout ce qui concerne les possibles problèmes d’intégrité et de confidentialité des données : l’anonymisation et le chiffrement des données au sein même des appareils, en périphérie, avant le transfert aux centres de données, pourraient être une solution.

Les caméras réseau, le son et les autres capteurs, en résumé les appareils présents en périphérie du réseau, gagnent en sophistication et en qualité. Il sera donc indispensable de trouver un bon équilibre entre l’informatique de cloud et l’informatique en périphérie pour continuer à fournir des données affinées, fiables et exploitables.

 

2. Cloud-to-cloud

Malgré la progression de la tendance vers l’informatique de périphérie présentée plus haut, l’informatique de cloud tiendra toujours un rôle pivot dans les infrastructures informatiques. Mais si le cloud donne le sentiment d’une entité unique, il est important de noter qu’il existe, bien entendu, plusieurs « clouds » utilisés partout dans le monde. Les entreprises proposant aujourd’hui des services de type « cloud » sont de plus en plus nombreuses, ce qui fait progressivement de l’écosystème « cloud » leur point d’intégration préféré par rapport aux systèmes sur site plus traditionnels.

L’un des avantages de l’intégration entre clouds réside dans le potentiel de réduction des services informatiques internes nécessaires. Par la suite, des services composites avancés proposés par plusieurs fournisseurs peuvent être mis en place et déployés via des API de services riches, comme l’analyse de données, la gestion et le stockage de contenus, réduisant de fait les délais de lancement pour une évolution exponentielle rapide. Toute organisation qui offre des services de type cloud devrait s’interroger sur la possibilité d’intégrer des services connexes afin d’apporter toujours plus de valeur à ses clients et partenaires.

 

3. Deep learning et machine learning

Nous avons atteint un stade où nous pouvons récolter les premiers fruits des architectures du deep learning et du machine learning : nous disposons de grandes quantités de données à analyser, de la puissance de traitement nécessaire pour le faire dans des délais raisonnables, d’algorithmes sophistiqués et de moult cas d’usage dont nous pouvons tirer des conclusions. D’impressionnantes démonstrations ont été présentées en matière de deep learning en rapport avec l’interprétation d’images, la reconnaissance vocale et l’aide à la prise de décisions. Leur potentiel de transfert à l’analyse pour les secteurs de la sûreté et de la sécurité est donc évident.

À un degré de base, les applications du deep learning vont améliorer la détection de mouvement vidéo, la reconnaissance faciale et le suivi individuel, et dans le même temps supprimer les fausses alertes. Elles seront un appui à la conception, la configuration et l’optimisation des systèmes, ainsi qu’à la gestion des appareils. Au-delà de ça, l’évolution des applications prépare au mieux le terrain pour que l’analyse prédictive mène à la prévention des incidents : depuis les attaques terroristes jusqu’aux chutes accidentelles de personnes, en passant par les problèmes de circulation et le vol à l’étalage.

Mais nous n’en sommes pour l’instant qu’aux prémices. Si les évolutions sont actuellement rapides et imprévisibles et si les exigences en termes de puissance de traitement sont énormes, le potentiel du deep learning est incroyable et pourrait mener à des systèmes autonomes.

 

4. Personnalisation et confidentialité

Entre autres applications possibles, le deep learning pourrait permettre la fourniture de services hautement personnalisés. Imaginez : le visage d’un client est reconnu à son entrée dans un magasin et des offres lui sont envoyées sur son téléphone portable en fonction de ses précédents achats, de ses préférences, voire de son historique de navigation. Mais avoir la possibilité de faire quelque chose ne veut pas dire que cela doit nécessairement être fait et cet exemple soulève les questions de plus en pressantes autour de la confidentialité et de l’utilisation des données personnelles par les entreprises et leurs organisations.

Des lois sont d’ailleurs rédigées pour traiter de ces questions. Au sein de l’Union européenne, le Règlement général sur la protection des données (RGPD), dont l’échéance de mise en conformité est fixée au mois de mai 2018, vise à uniformiser la protection des données à caractère personnel dans l’UE, où que ces données soient détenues ou utilisées.

Qu’il s’agisse de se conformer à la réglementation ou de vouloir faire ce qui est bon pour les clients et les administrés, trouver le bon équilibre entre la personnalisation accrue, la protection des données individuelles et la confidentialité sera un tour de funambule pour toutes les organisations au cours de l’année à venir.

 

5. Cybersécurité

Cette année encore, la cybersécurité se doit d’apparaître sur la liste des tendances pour les 12 mois à venir, et certainement au-delà. L’amélioration continue de la cybersécurité est une tâche sans fin, car les cybercriminels, toujours bien armés, ne cesseront jamais de rechercher les faiblesses exploitables de chaque nouvelle technologie. Le nombre d’appareils connectés grimpe en flèche, et il en va de même pour les possibles défauts qui, laissés en l’état, peuvent devenir des portes d’entrée sur les réseaux, des points d’accès pour les logiciels de rançon ou, plus simplement, des sources de temps d’indisponibilité coûteux. L’année 2018 verra sans nul doute une augmentation des attaques et des vulnérabilités exposées. Pour y répondre, il faudra être proactif et établir des processus systématiques garantissant la mise en œuvre des correctifs dès leur mise à disposition.

 

6. Plateformes d’optimisation des avantages de l’IdO

L’IdO (Internet des Objets) a atteint un stade où, pour mesurer, collecter et analyser les données, ainsi que pour gérer efficacement le réseau d’appareils connectés, il est capital d’utiliser une architecture évolutive. Avec une telle plateforme d’IdO, les équipements de divers fournisseurs principaux peuvent coexister et échanger facilement des informations dans le but de constituer des systèmes intelligents à l’aide des infrastructures réseau existantes. Nombreuses sont les sociétés, qu’il s’agisse de fournisseurs technologiques de premier plan ou de nouveaux arrivants sur le marché, qui activent des plateformes pour prendre en charge les appareils IdO et l’année à venir les verra encore mûrir. Il ne faut toutefois pas oublier l’importance pour l’avenir des nouvelles normes internationales ou de facto relatives à l’interopérabilité entre les différentes plateformes d’IdO, visant la mise en place de systèmes réellement indépendants des fournisseurs.

 

7. La Blockchain : plus que le Bitcoin

Pour beaucoup, Blockchain et Bitcoin sont des synonymes. Dans les faits, il en est tout autrement : si le Bitcoin utilise la Blockchain comme base, la possibilité qu’offre la Blockchain de vérifier pratiquement tout ce qui a une valeur est quasiment illimitée. Véritable base ouverte et distribuée à même d’enregistrer en toute efficacité les transactions entre deux parties de manière vérifiable et permanente, la Blockchain sera, au cours de l’année à venir, de plus en plus régulièrement testée dans diverses applications de secteurs diversifiés.

Dans le nôtre, puisque la Blockchain permet d’identifier n’importe quel contenu, elle pourrait être utilisée pour vérifier le contenu vidéo de sources multiples (téléphones portables publics et caméras embarquées des forces de l’ordre) afin de contribuer aux enquêtes policières. Au-delà des données vidéo, la Blockchain pourrait également servir à vérifier l’authenticité des appareils connectés au réseau de caméras.

 

8. Décomposition des silos de villes intelligentes

Le concept de ville intelligente (et de ville sûre qui en découle) n’est pas nouveau. Depuis plusieurs années, un nombre croissant de capteurs de différents types sont placés dans les environnements urbains et participent à la résolution de cas précis, depuis le respect de la loi jusqu’à la surveillance de la qualité de l’air. Avec l’augmentation de la part de citadins dans la population mondiale (selon les prévisions, il y aura 25 % de citadins en plus d’ici 2050), l’utilisation des capteurs pour contribuer à un environnement plus facile à vivre, durable et sûr ne pourra que s’amplifier.

Toutefois, la vraie ville intelligente correspond à la vision d’un développement urbain intégrant les informations, les données, les communications et la technologie d’Internet des Objets (IdO) de manière sécurisée afin de gérer les actifs de la ville. Parmi ces actifs, citons les systèmes d’informations des services gouvernementaux, les écoles, les bibliothèques, les systèmes de transport, les hôpitaux, les centrales électriques, les réseaux d’alimentation en eau, la collecte des déchets, les services d’urgence et de police et d’autres services destinés à la communauté.

Historiquement, la plupart de ces services individuels fonctionnaient en silos, ce qui retarde la mise en place de cette vision de ville intelligente. Une ville ne peut être « intelligente » que lorsque toutes ses données sont ouvertes et accessibles à l’ensemble des services. Les défis que doit relever une ville, comme la sûreté et la sécurité de ses administrés, les problèmes de circulation, les infrastructures vieillissantes et les réponses aux événements tels que les catastrophes naturelles et les attaques terroristes, exigent une analyse coordonnée des données à disposition pour formuler une réponse appropriée et efficace.

 

9. Capteurs non visuels pour une nouvelle dimension

Jusqu’à récemment, les principales (et parfois les seules) données à la disposition des opérateurs de surveillance étaient la vidéo, qui, bien entendu, n’offre qu’une perspective en deux dimensions. Grâce à de nouveaux capteurs non visuels, cette vision peut devenir pluri-dimensionnelle et apporter une grande richesse de données. Cette nouvelle ressource peut servir à évaluer plus rapidement et plus précisément les situations et donc à faire remonter au plus vite les informations en vue de déclencher la réponse adaptée et de réduire les fausses alertes.

La technologie radar, par exemple, fait appel à des ondes électromagnétiques pour détecter les mouvements. Le radar n’est pas sensible aux éléments qui déclenchent généralement les fausses alertes, comme le mouvement des ombres ou des faisceaux de lumière, les petits animaux, les gouttes de pluie, les insectes, le vent ou le mauvais temps. Cette technologie peut en outre apporter des détails sur la position exacte et le sens de déplacement de n’importe quel objet. Et si l’imagerie thermique est une technologie non visuelle déjà relativement bien établie, les avancées opérées dans la précision quant à la détection du son (claquement de fenêtre, voix plus forte ou agressive) permettent à l’audio de venir ajouter des informations utiles qui auraient pu passer inaperçues avec une solution vidéo exclusivement.

 

10. Assistants virtuels et arrivée de la réalité augmentée dans les entreprises

L’année écoulée a vu l’adoption importante par les consommateurs des assistants virtuels. Alexa d’Amazon, Google Home, Apple Siri et Cortana de Microsoft ont tous pris de l’ampleur et ces technologies aident les utilisateurs à gérer leur quotidien, de même que feront les technologies à venir telles que Facebook M. Inévitablement, ces technologies vont arriver jusqu’à l’environnement professionnel puisque les consommateurs attendent le même degré de soutien technologique au travail qu’à la maison. Plus précisément, les fournisseurs de produits et services technologiques sophistiqués ou complexes n’auront plus d’autre choix que de proposer une assistance virtuelle aux caractéristiques techniques, à l’installation, à la configuration et à la gestion de leurs produits.

De la même façon, la réalité augmentée est une technologie qui s’est déjà à ce jour imposée sur des marchés de niche, comme l’armée et l’aviation, mais qui montre également un potentiel incroyable pour les entreprises, notamment depuis qu’elle est disponible sur les appareils mobiles et sur un nombre toujours plus important de vêtements connectés.

Opportunité évidente dans le monde professionnel, la réalité augmentée peut être utilisée pour l’installation et la maintenance de solutions technologiques par incrustation des instructions visuelles par-dessus la vue du monde réel afin d’aider les techniciens dans leur travail. Concernant notre activité plus précisément, l’emploi croissant de capteurs non visuels et d’outils d’analyse pour améliorer la précision et ajouter des perspectives à l’information visuelle pousse à faire appel à la réalité augmentée chez les consommateurs de vidéosurveillance, car elle rassemble les données dans une seule vue, ce qui permet d’apporter une réponse plus rapide et mieux adaptée.

Sans nul doute, l’année 2018 verra émerger d’autres tendances que nous n’aurons pas prévues et peut-être que les tendances présentées ici auront un impact moindre ou largement supérieur à nos prévisions. Ce dont nous sommes cependant certains, c’est que nous vivons dans un monde en évolution rapide sur de multiples aspects, tant politique, que culturel, économique et technologique. Et toutes les entreprises devront se montrer suffisamment agiles pour être en mesure d’y répondre.

Pour plus d'information, contactez: Clara Lakhdari, Marketing Specialist, Axis Communications
Téléphone +33 1 40 96 69 00
En savoir plus